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1/La réalité historique

La Conquête de l’Ouest est due à des facteurs diverses. Celle-ci a touché des milliers d’individus qui ont effectué ce déplacement tout d’abord pour des raisons d’argent: certains allaient chercher fortune vers l’Ouest ou plus exactement de meilleures conditions de vie. Ensuite certains informés de la fertilité et de l’immensité des terres de l’Ouest et victimes de la hausse des prix dans le reste du pays, ont émigrés.

Enfin, des épidémies et la malaria se propage à l’Est et au Sud des USA, ce qui contraste avec le climat saint de l’Ouest.

I. Les évènements évoqués

1) La soif de terre :

Dès les origines de la colonisation de l’Amérique du Nord, la démocratie s’appuie sur les petits propriétaires terriens. Comme l’affirme le président Thomas Jefferson,  » Ceux qui travaillent la terre sont les peuples élus de Dieu « . Le mouvement d’expansion vers l’Ouest est en effet une quête continuelle de terre.

2) Le domaine public :

Les espaces acquis à l’Ouest appartenaient aux Indiens. Ainsi, le gouvernement fédéral négocia avec eux des traités pour obtenir le droit de les exploiter. Il y apparaît alors un domaine public, propriété du peuple américain. Le projet de l’Etat fédéral est, comme cela s’est fait dans l’Est, d’organiser une distribution équitable de la terre.

3) Les squatters :

Un flot ininterrompu de pionniers déferle dans les Grandes Plaines. Les pouvoirs publics sont pris de vitesse et une autre loi s’impose, celle du premier arrivé. Ainsi se développe le phénomène des « squatters », comme l’on surnomme ces colons qui s’approprient les terres du domaine public sans autorisation.

La dernière course à terre : enclavé entre le Texas, le Kansas et l’Arkansas, l’Indian Territory avait été réservé aux Indiens déportés de l’Est. Mais la demande de terre est telle que le président Harrison décide en mars 1889 d’ouvrir le territoire indien à la colonisation. Les « terres non assignées » sont proposées aux futurs acquéreurs d’une manière inédite : pour devenir propriétaire, il suffit de s’enregistrer et de s’inscrire à la « course à la terre ». La première Land Run s’ouvre le 22 avril 1889. Parqués comme des moutons le long d’une ligne gardée par les soldats, ils attendent le coup de revolver qui donnera à midi, le signal de la ruée vers l’or.

4) Les Indiens :

L’Ouest est une terre indienne. Lorsque les explorateurs et les pionniers foulent l’herbe des Plaines, environ 500 000 à 600 000 Indiens vivent au-delà du Mississippi, de l’agriculture, de la chasse et de la pêche. Dans le Sud-Ouest et le long des vallées du Missouri, de l’Arkansas et de la Platte, les Indiens vivent dans de grands villages aux maisons en pisé ou en mottes de terre. L’invasion des Blancs, les Waschichus, entraîne un profond bouleversement des sociétés indiennes. Beaucoup de tribus sont prêtes à s’accommoder des Américains.

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Elles signent des traités pour permettre aux pionniers de traverser leur territoire ou de s’installer à certains endroits, en échange d’une protection dans l’armée américaine et de marchandises. Humiliés, bafoués par des traités non respectés, les Indiens sont poussés à une résistance acharnée. Le 26 juin 1876, ils écrasent le 7ème régiment de cavalerie du général Custer à la bataille de Little Big Horn.

5) Construire le chemin de fer :

Dès les années 1840, le chemin de fer irrigue l’Est du continent et, en 1854, les premières lignes arrivent sur les bords du Mississippi. Depuis la ruée vers l’or de Californie, la création d’une liaison ferroviaire à travers le continent est devenue est une nécessité. Le développement considérable de l’économie, l’exportation des métaux précieux exigent de résoudre le problème des communications Ouest Est.

Le chemin de fer fait entrer la révolution industrielle au cœur de l’Ouest sauvage, qui devient un lieu d’affrontement, de lutte contre la nature, les Indiens, les autres.

En Californie, les premières années de la construction du chemin de fer sont difficiles. La tête de ligne avance lentement. Pour accélérer la progression dans la montagne, on utilise le nouveau procédé de la nitroglycerine. Face aux nombreuses victimes des explosions, on préfère revenir aux explosifs traditionnels.

6) La ruée vers l’or :

La nouvelle de la découverte de l’or traverse le continent, fait le tour du monde et déclenche une ruée sans précédent. La Californie est alors envahie de prospecteurs : certains arrivent directement d’Europe par bateau, d’autres traversent le contient à pied en poussant une brouette.

7) La guerre de Sécession :

La guerre de Sécession est sans doute le conflit qui a été l’un des plus grands traumatisme de l’histoire des Etats-Unis.

Elle fut d’un côté annonciatrice des conflits modernes du XXème siècle avec l’utilisation de nouveaux moyens de guerre et aussi marquée par de grandes charges héroïques de cavalerie et d’infanterie. Une guerre totale dans laquelle furent engagés 2 800 000 combattants avec une véritable mobilisation économique dans les deux camps.

La guerre de Sécession fit affronter les états du Nord des Etats-Unis, partisans de l’abolition de l’esclavage et les états du Sud, qui avait pris l’habitude de reposer leur économie sur la main d’oeuvre des esclaves noirs. Elle éclata après l’élection à la présidence en 1860 d’un anti-esclavagiste.

Onze états quittèrent l’Union pour former une confédération autonome. En faisant sécession le conflit fut lancé. Jusqu’en 1863, les sudistes (ou confédérés) eurent une puissance militaire bien supérieure à celle du nord dont les armées subirent de graves revers.

Après cette date, les armées de l’Union menée par le général Grant reprirent le dessus et amenèrent la capitulation du sud le 9 avril 1865 à Appotamox. Cette victoire du nord préserva l’Union et mit fin à l’esclavage.

II. Les costumes

Jusque dans les années 1850-1860, il n’existe pas d’industrie de la confection dans l’Ouest et les femmes coupent et cousent les vêtements de la famille… sauf chez les plus riches qui ont recours au tailleur. Pour palier l’absence de coton, les femmes essaient de filer des poils de bison, de loup ou de coyote, sans grand succès. Le plus souvent, on taille pantalons, vestes et jupes dans la toile d’une tente ou dans la bâche de chariots. Progressivement, le développement du convoyage permet de livrer des fripes achetées dans les grandes villes de l’Est. Le pratique et le fonctionnel l’emportent alors sur l’esthétique, une note d’élégance est conservée pour la tenue du dimanche et les grandes cérémonies familiales.

1) Les costumes des femmes

a) la lady

La lady revêt souvent l’habit de la jeune institutrice, de la missionnaire ou de l’épouse d’un bourgeois. Elle semble bien trop élevée pour l’Ouest sauvage. Sa préciosité et son goût pour la mode en font à la fois une femme inaccessible et la cible d’une misogynie endémique dans le pays.

b)la jeune fille

Dans les milieux favorisés la jeune fille doit porter un corset et adopter un comportement qui corresponde à sa nouvelle situation, notamment ignorer le sexe opposé à moins de passer pour « libre ». « Ma mère insistait pour que mes cheveux soient à la manière des femmes, descendent nattés dans mon dos; je portais dix-huit épingles à cheveux, j’étais ampétrée dans une robe jusqu’aux chevilles ».

c) Les femmes de pionniers

Les femmes de pionniers portent sur la tête le « sun » bonnet, un petit bonnet de tissu dont les bords qui avancent de chaque côté du visage font de l’ombre et protègent des tourbillons de poussière. Si les femmes « en cheveux » sont nombreuses, une femme élégante ne peut sortir sans son chapeau. La capote connaît encore une certaine vague dans l’Ouest avant la guerre civile. Elle se présente sous la forme d’un chapeau de paille à large bord, surchargé d’ornements, de fleurs par exemple. Elle s’attache sous le menton par deux longues brides qui flottent jusqu’à la taille. Par la suite la mode impose la toque ou la petite capote portée très en arrière, puis le chapeau devient de plus en plus petit, comme le bibi porté sur le sommet de la tête. A la fin du XIXème siècle, le chapeau copie les modèles du XVIIIème avec une abondance de fleurs, bords démesurés, plumes, violes; posé incliné en avant et maintenu sur la chevelure par de longues épingles à chapeau.

d) La femme de milieu modeste

La femme de milieu modeste porte généralement une jupe en tiretaine, protégée par un tablier épais, et un corsage de calicot.

e) Les coquettes

Dans les villes, les coquettes adoptent la mode victorienne ( à la suite de l’immense succès d’un roman de Charles Dickens Barnaby Rudge, où l’héroïne Dolly Varden porte des robes en velours couvrant des jupons brodés ). Ces nouvelles robes se caractérisent en effet par le faux-cul que forme la jupe ramassée dans le bas du dos pour marquer la cambrure des reins. Les corsages marquent la taille plus haut que la ligne naturelle et le port du corset accentue  » la taille de guêpe « . Les tissus sont faciles à drapper : satin, taffetas, mousseline, alpaga, velours et le noir habituel cède devant le bleu ciel, vert, rose et violet. Les robes se couvrent de noeuds, volants et rubans alignés géométriquement. Pour sortir, le châle reste de rigueur, les gorges et les bras se découvrent et les traînes des robes s’allongent.

f) Les bas

Les bas doivent être noirs à partir d’un certain âge, mais les jeunes filles, les élégantes et les prostituées portent des bas de couleur agrémentés de broderies et d’incrustations, qui s’attachent au dessus du genou à l’aide d’une jarretière.

2) Les costumes masculins

a) Le cow-boy

  • L’élément incontournable reste le chapeau; avec l’arrivée de John Stetson au Colorado en 1860, ce jeune chapelier imagine là un chapeau à bordures très larges et relevées pour le distinguer du sombrero mexicain. Le Stetson est né.
  • La paire de bottes constitue l’autre pièce indispensable au cowboy. La hauteur du talon est de trois à cinq centimètres. Le cuir rigide des premiers temps laisse la place à une enveloppe plus souple. Elles s’ornent de motifs, de rivets où pendent des franges, de plaques d’argent, sous l’influence mexicaine.
  • Pendant des années, le cowboy ne dispose de rien d’autre que du pantalon de coton propre à tous les fermiers, bien trop fragile. A l’imitation des Mexicains, on porte par-dessus des jambières en cuir épais, les « chaparerras » ou « chaps ». En 1853 Levis Strauss met au point un model de pantalon adapté à son travail: le « jeans » devient, dans les années 1860, le pantalon privilégié des cowboys par sa solidité et son épaisseur.
  • Dans l’Ouest, les chemises sans col demeurent la règle. Les pressions remplacent les boutons. Ces chemises offrent une gamme de couleurs peu variée jusqu’à l’apparition du « carreau », élément distinctif du cowboy et du bûcheron. Il porte par-dessus un gilet avec de nombreuses poches auquel s’ajoute une veste en peau de mouton l’hiver et un imperméable jaune, large et long.

b) Les trappeurs des Rocheuses

Ils apprécient les vêtements en peau de daim, qu’ils ne lavent jamais et portent jusqu’à ce qu’ils soient noirs de crasse.

c) Les chaussures

En matière de chaussures, la majorité des enfants et adultes portent durant l’été des espèces de mocassins à l’indienne.

d) L’habit de tous les jours

Il reste la chemise et le pantalon en tissu grossier de laine, le gil et la veste en toile épaisse, et les bretelles en toile (préférées à la ceinture plus couteuse).

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e) Les dandys de l’Ouest

Chez les plus riches la chemise avec col est indispensable et doit être recouverte d’un gilet. Ce dernier noir ou rayé avec ses petites poches latérales, demeure un accessoire indispensable. Les bourgeois l’achètent cachemire blanc, un satin , ou en soie noire. La redingote, grise ou noire est l’  » uniforme  » des milieux favorisés. Dernière coquetterie masculine, la cravate. Faite d’un petit ruban, elle est de couleur discrète pour les jeunes hommes, le plus souvent noir à partir d’un certain âge. Les bourgeois portent un haut de forme.

III. Les conditions de vie


1) Les relations sociales

Même si l’Ouest offre des opportunités à quelques-uns, les différences sociales et économiques y restent très fortes : pour la grande majorité, la vie est dure.

2) Le désenchantement

Dans les années 1840-1850, la majorité des vagues de migrants vers l’Ouest est composé de fermiers prospères, de marchands, d’artisans, tous capables de financer le coût élevé du voyage et de partir avec le capital nécessaire pour attendre les premières récoltes.

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Quelle que soit leur situation, une difficulté attend tous les migrants : un coût de la vie très élevé, puisque les prix sont trois, quatre, parfois cinq ceux pratiqués dans l’Est. Dans les premières années, le transport grève en effet les coûts et la rareté fait monter les prix. La première génération de pionniers voit donc son niveau de vie fortement baisser, sauf pour les chanceux qui ramassent une poignée de pépites d’or dans un ruisseau.

3) L’élite

La richesse de l’élite reste comparable à celle des villes de l’Est. Certains font fortune dans l’élevage pour les abattoirs de Chicago, le commerce des peaux de bison, le transport pour l’armée. Cette bourgeoisie d’affaire a besoin d’avocats, de financiers et autres conseillers en placements qui viennent s’établir dans les villes de l’Ouest.

La fortune sourit également aux médecins, à la fois propriétaire d’un drugstore et d’un ranch, comme à l’épicier qui achète saloons et hôtels.

4) La middle classe ou classe moyenne

Dans les villes, une bourgeoisie moyenne côtoie l’élite financière de l’Ouest et s’y apparente même. Elle se compose de charpentiers, de forgerons, de ferblantiers, et autres charrons ou mécaniciens. Cet artisanat indispensable est bien payé. L’importance des véhicules ou de la construction permet à des artisans habiles de monter de véritables entreprises. Le développement des banques et des services administratifs demandent un personnel compétant, d’employés, là encore, bien rémunérés en raison de la rareté de ce type de qualification. Toute cette bourgeoisie possède sa maison, vit et s’habille dans l’ombre de l’élite. Ses enfants sont scolarisés et obtiennent parfois une bourse pour aller dans une université prestigieuse de l’Est.

5) Les domestiques

A la campagne comme en ville prédomine toujours une population très modeste, souvent pauvre. Des petits fermiers dont les garçons deviennent bergers ou cowboys et don t les filles se louent comme servantes pour essayer de se constituer une dot.

Avec la naissance d’une bourgeoisie urbaine apparaît une importante domesticité féminine. Cuisinières, lavandières, femmes de chambre, femmes de compagnie engagées très jeunes. Les petites annonces sont sans ambiguïté : « little girl » (petite fille) ou « young girl » (jeune fille), elles ont douze ou quatorze ans et reçoivent 1,5 à 2 dollars par semaine.

Abusées, mal considérées, ces jeunes filles constituent parfois une proie facile pour la prostitution de la même manière que les voleurs de chevaux et autres délinquants sont d’anciens cowboys ou d’anciens ouvriers agricoles. En deux générations, la hiérarchie sociale de l’Ouest prend la forme de celle qui existe dans l’Est.

6) La santé

a) L’hygiène

L’absence d’eau courante, laquelle n’apparaît qu’à la fin du siècle et seulement dans les grandes villes, contraint à une toilette succincte. Les ablutions du matin se limitent aux mains et au visage.

L’hygiène corporelle n’apparaît pas alors comme une nécessité prophylactique ; pourtant, le simple contact de mains souillées contribue grandement à la diffusion des épidémies de choléra de 1832 et 1834. Aucune maison ne possède une salle de bains, pour la simple raison que la baignoire reste mobile.

Quant aux parasites, poux et puces, ils font partie du quotidien du pionnier, même si les instituteurs tentent de lutter contre eux, en exigeant plus de soin de la chevelure ou en faisant raser le crâne des écoliers.

b) Accidents et maladies

D’une manière générale, la vie est rude dans l’Ouest. De nombreux métiers ont leurs dangers spécifiques, l’explosion d’un bâton de dynamites pour les mineurs, la chute pour les bûcherons, l’affolement d’un troupeau pour les cowboys. Mais la chute de cheval reste l’accident le plus fréquent. Les fractures se remettent mal et beaucoup continuent à boiter quand ils ne sont pas paralysés des membres si la colonne vertébrale est touchée.

Les pionniers soufrent aussi de carences alimentaires et de malnutrition. Les enfants de boivent pas assez de lait, car on privilégie l’élevage du bétail pour la viande. L’alimentation est pauvre et déséquilibrée, les fruits et les légumes frais sont rares. Quant au gibier, il est porteur de parasites intestinaux. Les problèmes intestinaux sont fréquents : l’eau est souvent polluée, le gibier donne des parasites. Il faut attendre les années 1860-1870 pour qu’apparaissent les conserves, mais elles restent chères et privent les modestes d’une alimentation variée et riche en vitamines.

L’Ouest n’est pas non plus épargné par les épidémies, qui font des ravages. En 1830, les pionniers apportent la malaria dans l’Oregon : elle se répand comme une trainée de poudre, particulièrement en Californie. La malaria devient alors si commune qu’on la considère seulement comme une fièvre, appelée « ager », fièvre « interminente », ou « bad air », fièvre de l’automne. Selon une étude faite en 1850 par le docteur Daniel Drake, elle reste toute fois l’une des premières causes de mortalité dans l’Ouest. A partir de 1875, la maladie recule sous l’effet de la quinine, du drainage des marais et de la prolifération du bétail, qui détourne les moustiques des humains. Comme pour les maladies endémiques telles la variole, l’immunisation progressive des individus renforce leur résistance. Une autre fièvre, la typhoïde, décime surtout les enfants ; quant à la tuberculose, la lumière et l’air de l’Ouest ne peuvent rien faire contre son extension, d’autant que l’insalubrité des logements et le manque d’hygiène demeurent.




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